J'avais un peu peur à l'approche de ce concert, peur d'être déçu sans doute par ce groupe de Versailles qui s'exporte beaucoup plus qu'il ne fait d'émules dans l'Héxagone, et qui produit de très bons albums en studio.
Le concert annonce SOLD OUT sur les marches de l'Olympic (http://www.olympic.asso.fr), et une queue qui remonte sur une bonne quinzaine de mètres serpente sagement en gazouillant.
Le premier choc passé (la moyenne d'âge doit bien avoisiner les 17 ans), c'est dans une salle déjà pleine que nous nous tassons pour écouter Peter Van Poel. Le chanteur guitariste a certes une tessiture agréable et des chansons plutôt honnêtes, mais la sauce ne prend pas vraiment, c'est un peu mou, si l'on excepte un fan club d'une trentaine de personnes qui semblent en adoration.
Une bière plus tard et c'est le changement de plateau, qui va s'éterniser à cause d'un problème technique, un des micros du kit de la batterie ne sortant pas en façade. C'est donc vers 10h20 que Phoenix arrive sur scène, avec une set-list évidemment concoctée autour du troisième LP.
Et là c'est parti. le batteur (qui ne fait pas partie du groupe) a été bien choisi. D'entrée, il se met à frapper les fûts comme un beau diable (et je sais de quoi je parle...) avec une belle gestuelle corporelle, tout le corps penché sur le rythme. Phoenix sur la platine CD, c'est pop, mais là sur scène c'est résolument Rock. Les riffs de guitare sont bien envoyés, la voix, contre toute attente, fidèle aux enregistrements voire mieux, l'attitude décontractée et respectueuse du public. Il faut dire que le sens de l'accueil nantais a toujours dépassé les frontières des pays de la loire, et les 6 musiciens sur scène semblent ne pas en revenir, tant chaque titre est dansé, repris en choeur, puis acclamé.
Les morceaux s'enchaînent bien, sans temps mort, et mélangent les tempo jusqu'à NORTH, petit joyau de composition, pas super-super bien interprété (batterie pas assez nuancée, guitares pas vraiment calées, basse un peu lost in translation), avant de reprendre avec des titres plus sautillants pour monter en puissance jusqu'au rappel, ou plutôt rappelS puisque Phoenix jouera finalement 3 titres phares de leur premier album, devant un public rassasié et reconnaissant. Le bassiste semblera connaître des problèmes de son vers la fin, mais l'energie toujours présente emmenera le groupe jusqu'à minuit, pour un set au final sans aucun doute plus long que ce qu'il avait prévu initiallement, mais bon, c'est pas l'anniversaire du guitariste (Bronco) tous les soirs non plus !
En résumé, une très bonne impression. Du gros son qui n'a rien à envier aux prod. léchées des albums, une prestation technique et scènique qui tient la route sans trop tomber dans les clichés, et une attitude généreuse font de ce concert un très bon souvenir pour moi qui suis plus habitué aux déluges de décibels punk rock ou hardcore.